Réhabilitation et restauration du patrimoine Catovien

Souvenirs des grandes heures de Chatou, le Nymphée de Soufflot et l’Hôtel de Ville sont des témoignages de notre passé à préserver. La Ville souhaite que leur restauration s’achève à l’horizon 2022-2023.

Réhabilitation et restauration du patrimoine catovien 

Autrefois, chaque commune ou presque de la banlieue parisienne possédait son propre château. Mais l’évolution économique et la spéculation immobilière ont souvent eu raison de ce patrimoine. La Ville de Chatou n’a pas échappé à cette tendance : le Château Neuf construit au XVIIIe siècle sur les plans de Soufflot pour le ministre Bertin et le pavillon de la Faisanderie, édifié par Belanger pour le comte d’Artois, n’ont malheureusement pas résisté au temps.

D'autres témoignages du patrimoine local ont eu plus de chance, notamment : l'Hôtel de Ville, initialement un petit château habité à la fin du XVIIIe siècle par le danseur Gaëtan Vestris, et le Nymphée de Soufflot, un ouvrage unique du XVIIIe construit par le ministre Bertin en bord de Seine.

La Ville a toujours été fière de son patrimoine culturel et historique. C’est pourquoi elle s’est engagée, depuis de nombreuses années, dans une politique de sauvegarde, de préservation et de protection de ce patrimoine.

Après la restauration de la maison Fournaise et le développement du hameau Fournaise, elle lance aujourd’hui un grand projet : restaurer le Nymphée de Soufflot pour le sauver et l’ouvrir au public ; et réhabiliter la façade de l’Hôtel de Ville pour lui redonner son lustre d’antan. Parallèlement, sa restructuration intérieure sera réalisée suite au regroupement des services municipaux, rue des Beaunes. Pour l’aider dans le financement de ces travaux de grande ampleur, la Ville a lancé le 26 juin dernier une Fondation abritée par l’Institut de France : « la Fondation de sauvegarde du patrimoine catovien ».

Plus que jamais, la Ville a besoin du soutien et de la générosité de ses habitants mais aussi de bienfaiteurs pour continuer de rayonner culturellement ! 

3 questions à Michèle Grellier

Adjointe au Maire chargée de la culture et du Patrimoine 

Est-ce la première fois que la Ville s’implique dans la restauration d’un bâtiment catovien ?

Non, la volonté politique de la Ville a toujours été de prendre soin de ses bâtiments. En 1982, nous avons restauré la Maison Fournaise et en 1992, restructuré tout le site du Hameau Fournaise. En 2009, il y a eu également l’Église Notre-Dame. Ces travaux ont été réalisés avec divers partenaires privés et publics, notamment le Conseil départemental des Yvelines qui nous a beaucoup aidés.

De quand date ce projet de restauration du Nymphée de Soufflot et de l’Hôtel de Ville ?

Depuis le début des années 2000, la Mairie souhaite restaurer le Nymphée car cet incroyable ouvrage se dégrade chaque jour un peu plus. Mais la Mairie n’est pas le seul acteur de ce projet car le Nymphée est sur une propriété privée. Il a aussi fallu penser à un moyen de financement car les travaux de restauration sont importants. Il faut du temps pour mettre tout ça en place…

L’envie de réhabiliter l’Hôtel de Ville est plus récente. Mais elle reste cohérente avec ce désir de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine catovien.

Quid du financement ?

L’architecte Pierre Weiler, spécialiste des bâtiments historiques, a été missionné par la Ville pour établir des fiches financières prévisionnelles, pour la restauration du Nymphée et de l’Hôtel de Ville.

La Ville va contribuer au financement de ces travaux dans la limite de ses possibilités budgétaires mais nous allons surtout solliciter des aides publiques et privées pour réaliser ces projets.

Après les travaux, nous souhaitons ouvrir le Nymphée au public car le développement culturel et touristique est synonyme de développement économique pour une commune.

Une Fondation de sauvegarde du patrimoine catovien

 

Par délibération du 26 juin dernier en Conseil municipal, les élus ont décidé de voter la création d'une fondation afin de faire appel à la générosité publique et privée. "La Fondation de sauvegarde du patrimoine catovien" sera officiellement lancée en septembre lors de l'inauguration du Centenaire Renoir à Chatou.

Elle sera abritée par l'Institut de France pour les six prochaines années après la signature d'une convention.

Cette Fondation a pour but de restaurer et de réhabiliter des bâtiments historiques situés sur le territoire de la commune en vue de leur protection et de leur ouverture au public. La Fondation a pour priorité la restauration du Nymphée de Soufflot et celle de la façade de l’Hôtel de Ville de Chatou auxquelles pourraient s’ajouter, dans un second temps, la Maison Fournaise et la Maison Levanneur, situées sur l’Île des Impressionnistes.

Afin de financer ces restaurations, la Fondation a pour objectif de lancer des campagnes d’appels de fonds auprès de partenaires publics et privés. La Fondation peut donc recevoir tous dons et legs de personnes physiques ou d’entreprises mais aussi des subventions publiques (Union européenne, État, collectivités locales).

 L'Institut de France, c'est quoi ?

 

L’Institut de France est une institution française créée par la loi du 25 octobre 1795. Aujourd’hui, cette institution de l’État est placée sous la responsabilité du chancelier Xavier Darcos, depuis le 1er janvier 2018. L’Institut de France est composé de 5 Académies : l’Académie Française, l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, l’Académie des Sciences, l’Académie des Beaux-arts et l’Académie des Sciences morales et politiques. Il a pour missions de contribuer, à titre non lucratif, au perfectionnement et au rayonnement des lettres, des sciences et des arts, et de décerner des récompenses aux inventions et découvertes utiles, aux succès distingués dans les arts, aux belles actions… Mais ce pôle unique a aussi une vocation philanthropique. À travers les 200 Prix et Fondations qu’il abrite, l’Institut de France est un acteur majeur du mécénat scientifique, culturel et humanitaire en France.

 Le mot de l'architecte Pierre Weiler

« Le Nymphée est un ouvrage remarquable par ses dimensions et la qualité exceptionnelle de son décor, mais également par la personnalité de son commanditaire, Henri-Léonard Bertin, ministre éclairé de Louis XV. Dans sa conception, le Nymphée illustre parfaitement le très haut degré d'aboutissement de l'art de la stéréotomie (l'art d'appareiller les pierres) en France au XVIIIe siècle, la structure de pierre de la voûte en anse de panier étant stable.

Le Nymphée, dont l'état préoccupant nécessite des travaux d'étaiement en urgence, de dépose soignée en réemploi des décors et de reprise structurelle qui seront d'une très grande complexité technique. Le protocole d'intervention passera nécessairement par une première campagne "test" de travaux sur deux ou trois travées dès 2020, l'état réel de la structure restant à mettre au jour.

Il s'agit ici véritablement d'une campagne de sauvetage de cet édifice remarquable, laquelle ne pourra se faire qu'avec une volonté très forte de la commune, des propriétaires, des différents intervenants extérieurs, de la Conservation Régionale des Monuments Historiques (CRMH) et des donateurs qui vont aider au financement ».