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Les artistes

Venus du Canada, d’Italie, d’Espagne, du Mexique et de France, les six artistes sélectionnés pour la création du parcours sont des personnalités affirmées de la scène street art internationale, des artistes dont les œuvres se déploient déjà dans de nombreux pays. Tous spécialisés dans la création de fresques grand format, voire monumentales, chaque artiste a développé un style et un langage artistique personnel.

Publié le 31 mai 2021

La création du parcours street art est ainsi l’histoire d’une rencontre entre la Ville et l’univers d’un artiste-peintre.

EMMANUEL JARUS (Canada)

La Maison Levanneur, “Ville des Impressionnistes”

EMMANUEL JARUS - Crédit : Superkant
Crédit : Superkant
Né au Canada en 1992, Emmanuel Jarus est un grand voyageur qui puise son inspiration des cultures et des paysages qu’il traverse, mais surtout des rencontres qui nourrissent ses voyages et son œuvre. Spécialisé dans le muralisme, Jarus excelle dans l’art du portrait, représentant à très grande échelle, les visages, les expressions, les attitudes de celles et ceux qui l’ont inspiré au cours de ses différents séjours. 

Emmanuel Jarus a été choisi pour peindre la façade de la Maison Levanneur, associée au thème “Ville des Impressionnistes”, pour sa technique picturale, fortement influencée par le mouvement impressionniste.

Interview 

Vous avez été choisi pour peindre un mur sur l’Île des Impressionnistes où peignait notamment Renoir en son temps. Que ressentez-vous ? Aimez-vous le travail des impressionnistes ?

C’est un véritable honneur et un privilège de peindre dans ce lieu mythique pour plusieurs raisons. La plus importante est que la majeure partie des célèbres tableaux de Renoir, parmi d'autres chefs-d'œuvre impressionnistes, ont été peints à quelques pas du mur où je crée mon travail. J’y pense chaque jour lorsque je peins. C’est émouvant. Avant mon arrivée en France, j'ai passé beaucoup de temps à écouter des podcasts sur la vie et les œuvres des impressionnistes français. J’en écoutais aussi en peignant ma fresque ! J'adore le travail des impressionnistes français, des naturalistes post-impressionnistes et du mouvement impressionniste canadien qui a été déclenché par la suite.

Quel est le projet derrière cette fresque ?

Le projet consiste à utiliser toutes les informations disponibles pour créer une œuvre d'art qui s'adapte à l'espace tout en utilisant mes qualités artistiques. Par exemple, non seulement je fais ma version à grande échelle de l'impressionnisme contemporain, mais je choisis aussi des éléments de l’environnement, comme les bâtiments autour de ma fresque, pour composer la palette de couleurs de la peau du sujet.

Quelle émotion souhaitez-vous provoquer ? Transmettez-vous un message ?

Les œuvres d'art provoquent différentes émotions selon les personnes. Donc je ne veux pas que les Catoviens et les spectateurs se sentent obligés de penser d'une manière ou d’une autre. Chacun est libre de ressentir ce qu’il veut.

VESOD (Italie)

Le Clos des canotiers, “Route vers l'Étoile

Crédit : Superkant
Crédit : Superkant
Né à Turin en 1981, Vesod est très tôt initié à la peinture par son père, un artiste surréaliste qui restera l’une de ses influences majeures. Dans les années 90, l’artiste se spécialise dans la peinture de grand format et rejoint le mouvement street art italien. Héritier du surréalisme, Vesod est aussi fortement inspiré par la construction géométrique de l’espace que l’on retrouve notamment dans le cubisme et le mouvement futuriste. 

Vesod a été choisi pour peindre la façade du Clos des canotiers, associée au thème “Route vers l'Étoile" pour sa capacité à réinventer l’espace et la perspective du paysage.

Interview 

Vous avez été choisi pour peindre un mur au Clos des Canotiers, avec pour thème « route vers l’Étoile ». Quel est le projet derrière cette fresque ?

Mon œuvre est située sur la route qui mène à Paris, vers la place de l’Étoile. Le titre de cette fresque est Mémorie d'acqua, ce qui signifie en français Mémoires d'eau. Selon moi, pour représenter la connexion entre Chatou et Paris, l'eau est l'élément majeur. L'eau de la Seine relie la Ville à la Capitale et les peintres impressionnistes peignaient souvent le reflet de l'eau… Donc, de façon un peu surréaliste, l’eau coule de mon mur jusqu’à l'Arc de Triomphe. En utilisant cet élément, j'ai créé mon « monde à l'envers » où passé-présent-futur sont connectés grâce à l’eau.

Quelle émotion souhaitez-vous provoquer ? Transmettez-vous un message ?

Je laisse au spectateur la liberté de ressentir ce qu’il veut, nous ne pouvons pas contrôler les sentiments et j'aime ça. Il n'y a pas de message à proprement parler. J'essaie simplement de donner aux gens l'impression de l’existence d'un univers parallèle, de leur montrer qu’il y a quelque chose derrière ce que nous pouvons voir avec nos yeux, qu’il faut aller au-delà de la réalité.

VICTOR ASH (France)

Hal Singer, “Ville de culture et musique”

Victor Ash est l’un des pionniers du mouvement street art parisien dans les années 80. Mais c’est essentiellement à Berlin, dans les années 90, que l’artiste devient l’une des figures majeures de la nouvelle école avec la réalisation du Cosmonaute. Son personnage monochrome, flottant dans l’espace, est devenu l’un des motifs emblématiques du mouvement street art à travers le monde. 

Victor Ash a été choisi pour peindre les façades de l’Espace Hal Singer, associées au thème “Ville de Culture et musique” pour son langage plastique déclinant, en noir et blanc, les codes et les symboles de la culture pop contemporaine.

Interview 

Vous avez été choisi pour peindre trois murs à l’Espace Hal Singer sur le thème « culture et musique », lieu culturel qui abrite le conservatoire et la médiathèque. Il y a des années, vous avez choisi la peinture pour vous exprimer. Quels rapports entretenez-vous avec la musique et la littérature ?

La musique a toujours été très présente dans ma vie. Elle est d’ailleurs encore une de mes inspirations principales dans mes créations. La musique a énormément contribué au développement de mes choix artistiques, notamment au début de ma carrière d’artiste. Aujourd’hui, j’apprécie plus particulièrement la musique en live… j’assiste souvent à des concerts et festivals. En ce qui concerne la littérature, j’ai étudié en France et grandi avec une oeuvre littéraire riche et conséquente… Quelques grands auteurs français m’ont beaucoup inspiré.

Quel est le projet derrière ces trois fresques ? 

La fresque représentant Hal Singer est un portrait du célèbre jazzman lors de l’un de ses concerts. J’aime bien l’expression de son visage et le fait qu’il souffle dans son saxophone. C’est un plan rapproché de son visage extrait d’une photo prise en 1986. À l’origine, la photo est en noir et blanc, mais je lui ai appliqué un filtre bleu pour lui donner une connotation plus proche du jazz.

L’enfant portant la pile de livres est une fresque symbolique : j’ai voulu exprimer la richesse de la littérature française et le poids que cela porte sur les nouvelles générations. Je trouve que de nombreux écrivains français, notamment du XIXe siècle, ont placé la barre du talent très haute. C’est pour cette raison que j’ai peint le portrait de Guy de Maupassant sur la pile de livres. C’est à la fois un grand écrivain mais aussi un Catovien à un moment de sa vie.

À l’arrière du bâtiment, la DJ dans le jardin, est une référence à la musique électronique, plus spécifiquement aux soirées rave que je fréquentais parfois quand j’étais adolescent. Ces soirées m’ont marqué car elles se déroulaient souvent loin du centre ville, en pleine campagne. Pour y aller, il fallait se rendre à un point de rendez-vous puis conduire loin de Paris, au milieu de la nature. Je rentrais chez moi au petit matin en entendant les oiseaux : deux mondes se rencontraient alors, la nature et la musique électronique. J’avais envie de partager ce souvenir.

Quelle émotion souhaitez-vous provoquer ? Transmettez-vous un message ?

Mes œuvres dans l’espace public ne portent pas de message spécifique dans le sens où elles ne sont pas des revendications d’opinions. Je les choisis et les réalise plutôt pour qu’elles soient sujettes à interprétation par le spectateur. Chacun doit laisser libre cours à son imagination.

 

VINIE GRAFFITI (France)

Résidence Les Marolles, “Diversité”

VINIE GRAFFITI - Crédit : Superkant
Crédit : Superkant
Né en 1982 à Toulouse, Vinie Graffiti s’impose dans le mouvement street art français dans les années 2000. Après avoir fait ses armes en travaillant le lettrage, l’artiste explore les potentialités de la figure en dessinant essentiellement des personnages féminins. Progressivement émerge de son œuvre un personnage-fétiche qui deviendra sa marque de fabrique, une figure iconique déclinée en multiples versions à Paris, Londres, au Portugal, aux Philippines, à Tahiti… un personnage qui réunit en quelques lignes tout un monde de références culturelles. 

Vinie Graffiti a été choisie pour peindre la façade de la Résidence des Marolles, associée au thème “Diversité”, pour l’universalité de son personnage-fétiche.

Interview 

Vous avez été choisie pour peindre un mur aux Marolles. Ce quartier est connu pour la diversité de ses habitants comme votre personnage-fétiche, symbole de l’universalité. Comment est né ce personnage reconnaissable entre tous ?

Il est né petit à petit. À l'origine, je faisais des lettrages sur les murs de Toulouse. Je peignais avec un groupe d’amis. On se lançait des défis et on faisait tous des lettrages en fonction de notre univers. Nos fresques étaient collégiales.
Lorsque j’ai quitté Toulouse pour travailler à Paris, je me suis retrouvée toute seule face à mon mur blanc ! C’est à ce moment là que j’ai commencé à peindre ce que je dessinais sur papier, notamment ce personnage, même s’il a bien évolué depuis ses débuts… J’ai fait ce que j’avais dans la tête. Quand j’ai commencé à peindre ce personnage, j’ai voulu le dédicacer à mes amis graffeurs, puis à mes amis toulousains. Ainsi à force de mettre des mots, les cheveux du personnage ont beaucoup grossi et ça a fini en coiffure afro ! J’aime cette idée de mixité et de diversité, j’ai donc gardé ce principe de la coiffure afro, même si des mots n’illustrent pas toujours ses cheveux.
Je suis passée d’une signature « Vinie » à un personnage qui est devenu ma signature. Il me permet de tout dire, de m’adresser à tous, d’exprimer des sentiments, de raconter une histoire… ce qui est plus compliqué avec le graffiti. Il rassemble aussi toutes mes inspirations : la BD, le manga et le graffiti (les mots dans ses cheveux sont des bubbles, un style de graffiti). Il est donc avec moi depuis presque toujours sur papier et sur les murs depuis mon arrivée à Paris, en 2007… Et tant que je m’amuse encore avec lui, il existera !

Comment cette figure féminine des temps modernes à la coiffure changeante et incroyable incarne-t-elle le thème de la diversité ?

Elle incarne la diversité à travers sa coiffure afro. Coiffure afro ne veut pas dire qu’elle est africaine. Elle n’a pas la peau noire, elle est violette, je l’ai fait exprès pour qu’elle ne soit pas stigmatisée. Dans ses cheveux, j’ai mis des mots en rapport avec ce que la thématique m’inspire, j’ai signé et localisé. On peut ainsi lire : respect, origines, diversité, différents, homme, femme, unis, nature, mais aussi Vinie et Chatou. J’ai eu envie de mettre les mots qui me font rêver. Je lui ai aussi mis la tête dans les nuages et les pieds sur terre. Quand on a les pieds sur terre, on sait que l’on vit dans un monde où existe le racisme et la discrimination, mais en lui mettant la tête dans les nuages, les yeux fermés, elle peut rêver à un monde plus idéal… en tout cas c’est mon rêve !

Je lui ai mis un legging ethnique, très coloré, avec des tissus qui m’ont inspiré dans le monde entier, notamment en Asie. Ces tissus me rappellent des souvenirs que j’ai souhaité introduire dans cette fresque pour faire voyager les Catoviens. Idem pour les bijoux. Enfin, je me suis adaptée au lieu car, au départ, elle devait être sur un fond bleu. Mais quand je suis arrivée devant l’immeuble, j’ai préféré jouer avec les couleurs du mur et la ligne sur laquelle est assis mon personnage existait déjà. Elle est vraiment ancrée dans le bâtiment.

Quelle émotion souhaitez-vous provoquer ? Transmettez-vous un message ?

Les nuages incarnent un monde de rêve et de poésie… Je veux faire rêver les habitants, je veux qu’ils rêvent avec elle, c’est pour ça qu’elle a les yeux fermés.
Je veux aussi m’adresser aux enfants, leur offrir un art gratuit et accessible. Au début de la réalisation de la fresque, les enfants de l’école voisine sont venus pour me poser des questions et à chaque passage ils m’applaudissaient. Ils m’ont encouragé. D’une manière générale, les Catoviens ont été extrêmement accueillants. Certains ont pris des photos tous les jours pour voir l’évolution de mon travail. D’autres ont discuté avec des inconnus devant ma fresque… l’art tisse un lien social et déclenche toujours une réaction. J’aime cette idée de partage et de dialogue.

CARLOS ALBERTO GH (Mexique)

Collège Auguste Renoir, “Développement durable”

Crédit : Superkant
Crédit : Superkant
Artiste mexicain, Carlos Alberto GH est spécialisé dans l’anamorphose, l’art de créer sur un support bidimensionnel des illusions 3D d’un réalisme déconcertant. Inspiré par la nature, l’animal est son sujet de prédilection. Du scarabée à la baleine, Alberto GH réalise dans le monde entier des animaux de très grand format qui prennent littéralement corps sous les yeux du spectateur, pour peu qu’il se tienne dans la bonne perspective. 

Carlos Alberto GH a été choisi pour peindre la façade du Collège Auguste Renoir, associée au thème “Développement durable”, pour ses sujets engagés dans l’écologie et la dimension ludique du dispositif pictural. 

Interview 

Vous avez été choisi pour peindre un mur au collège Auguste Renoir. Quel est votre sentiment de réaliser une fresque pour des jeunes ? Comment réagissent-ils quand vous peignez devant eux ?

Je crois vraiment que l'art est essentiel dans la vie de chacun et devrait faire partie de notre formation. L'art est une forme de communication sans frontières, nous n'avons donc pas besoin de parler la même langue pour nous comprendre. Pouvoir exposer mon travail dans un établissement scolaire et essayer de faire passer un message, comme prendre soin de l'environnement, c’est quelque chose de très important pour moi. Et si, d'une manière ou d'une autre, cette fresque peut inspirer les jeunes générations à agir pour préserver notre planète, mon objectif est atteint !
L’expérience dans ce collège a été fascinante pour moi. La réaction des jeunes devant mon travail a été positive et motivante. Au-delà de contempler le processus créatif de la fresque dans son intégralité -ce qui n’est pas habituel pour le public- ils deviennent aussi « des participants » en assistant à l’évolution de l’œuvre. Quand j'étais petit et que je regardais les grandes fresques murales au Mexique, je me suis toujours demandé comment elles avaient été réalisées… J'aurais aimé les voir peindre devant mes yeux. Alors j'espère sincèrement que mon travail contribuera à inspirer ces jeunes afin qu’ils s'intéressent davantage à l'art et s’impliquent dans la préservation de l'environnement.

Quel est le projet derrière cette fresque ? Sensibiliser les jeunes à l’écologie à travers le thème du « développement durable » ?

Pas seulement les jeunes, toute la population. Il n'est jamais trop tard pour être responsable de nos actes et comprendre que chacun d'eux affecte notre environnement. Tout le monde doit prendre soin de la planète et de ses espèces. Nous devons protéger la nature et mener des actions qui assurent sa pérennité…

Quelle émotion souhaitez-vous provoquer ? Transmettez-vous un message ?

Tout d'abord, je veux que les enfants et les Catoviens soient heureux d'avoir de l'art sur les murs de leur ville. De plus, cette fresque s’inscrit, à travers le travail de Street Art for Mankind, dans un mouvement international plus large de sauvegarde de l’environnement. La planète est notre maison et, en tant que telle, nous devons en prendre soin mais aussi de chaque espèce qui l'habite… ce n'est qu'alors que nous pourrons coexister en tant qu'espèce !

LULA GOCE (Espagne)

Résidence des Sabinettes, “Ville de Jardins”

LULA GOCE - Crédit : Superkant
Crédit : Superkant
Originaire de Galice en Espagne, Lula Goce étudie la peinture à Salamanque et Barcelone. Attirée par le grand format, elle “illimite” sa peinture et crée rapidement à l’échelle des immeubles, en Espagne d’abord, avant de s’étendre en Europe et aux Etats-Unis. D’une facture réaliste, son œuvre représente de grands portraits, la plupart du temps en noir et blanc, tissés d’une végétation florale très colorée. 

Lula Goce a été choisie pour peindre la façade de la Résidence des Sabinettes, associée au thème “Ville de Jardins”, pour le lien nature/culture qui traverse l’ensemble de son œuvre.

Interview 

Vous avez été choisie pour peindre un mur à la résidence des Sabinettes sur le thème « ville de jardins ». Vous peignez souvent des portraits entourés de fleurs et de plantes. Quel est votre rapport à la nature ?

J’ai grandi dans un petit village en Espagne entouré de nature et à côté de la mer, sur la côte atlantique, près du Portugal. Donc depuis que je suis petite, j’ai une relation très forte, très intense avec la nature. Je suis vraiment connectée à elle, c’est une part de moi. On était loin de la ville et des immeubles. Et même si je suis partie en ville pendant quelques années, je suis revenue vivre dans ce village, à Baïona. C’est là que je me sens bien… au milieu de la nature !

Quel est le projet derrière cette fresque ? Comment avez-vous construit cette œuvre d’art ?

J’aime introduire des éléments issus de la nature dans mes œuvres et cette femme a une branche dans les cheveux. Comme si la nature était une part d’elle-même. C’est une femme connectée à la campagne, entourée de fleurs, notamment de coquelicots de différentes couleurs. Avant de venir à Chatou, j’ai fait des recherches et j’ai vu qu’il y avait beaucoup de châteaux et de jardins aux alentours. Les fleurs sont très présentes dans votre région, je voulais les représenter. C’est aussi un hommage aux tableaux impressionnistes, souvent liés à la nature. Les éléments naturels ont le pouvoir et ils portent cette femme. Elle représente un mélange de plusieurs populations : elle ne ressemble pas à une femme blanche, ni noire, ni asiatique, ni arabe… elle est universelle. Cela lui donne une part de mystère. Elle vient à la fois de nulle part et de partout ! J’aime l’idée de ce mystère et cette part de culture mélangée, car on est tous voisins.
Cette femme nous regarde, elle dialogue avec le spectateur.
Il y a aussi cette gargouille sur son épaule qui interpelle. Elle symbolise les peurs que l’on peut avoir. La gargouille est-elle positive ou négative, ange ou démon ? On ne sait pas. Est-ce qu’elle pleure ? Cet élément surnaturel cultive aussi la notion de mystère. Ce n’est pas une simple femme ! Il faut regarder plus loin.
Je peins toujours mon sujet en noir en blanc, je trouve que cela donne beaucoup de poésie au portrait. Le côté froid contraste avec les fleurs très colorées tout autour. Je trouve que l’ensemble donne énormément de force.

Quelle émotion souhaitez-vous provoquer ?

Je veux que les Catoviens trouvent leur propre signification, qu’ils se fassent leur propre opinion. Il faut juste se laisser porter par l’œuvre... J’aime partager mon art avec les gens. Un message ? Sensibiliser au pouvoir de la nature et au pouvoir des femmes ! Ce portrait montre que les femmes peuvent faire pleins de choses et être qui elles veulent !